Par le Dr Lakhdar Chalag, chirurgien-dentiste, fondateur de Lumédis · Publié le · mis à jour le
Ce document prouve une chose : qu'il a signé. Il ne prouve pas qu'il a compris.
Que dira le patient qui conteste ?
Les arguments reviennent toujours dans le même ordre : « on me l'a fait signer au dernier moment », « personne ne me l'a expliqué », « je n'ai pas eu le temps de lire », « je n'ai pas compris ce que ça voulait dire ».
Aucun n'est invraisemblable. Chacun est parfaitement compatible avec votre formulaire signé.
Comment la jurisprudence a-t-elle évolué ?
3 juin 2010 : le manquement au devoir d'information cause en lui-même un préjudice que le juge ne peut pas laisser sans réparation. La Cour s'appuie sur les articles 16 et 16-3 du Code civil — la dignité de la personne.
25 janvier 2017 : le préjudice d'impréparation et la perte de chance sont deux préjudices distincts, et ils se cumulent dès lors qu'ils sont tous deux caractérisés.
26 juin 2024 : un chirurgien et son assureur condamnés à indemniser au titre d'une insuffisance d'information.
La jurisprudence ne s'est pas assouplie en vingt-cinq ans. Elle s'est durcie.
Pourquoi la compréhension compte-t-elle plus que la signature ?
Un formulaire atteste d'un geste. Ce que la loi vous demande, c'est d'avoir informé — donc d'avoir transmis quelque chose qui a été reçu.
C'est la différence entre « il a signé » et « voici ce qu'il a lu, voici les notions qu'il a validées, voici le chapitre qu'il a demandé à faire réexpliquer ».
Les fiches d’acte concernées
Pour aller plus loin
Sources
- Cass. 1re civ., 3 juin 2010, n° 09-13.591
- Cass. 1re civ., 25 janvier 2017, n° 15-27.898
- Cass. 1re civ., 26 juin 2024, n° 23-13.289
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