Par le Dr Lakhdar Chalag, chirurgien-dentiste, fondateur de Lumédis · Publié le · mis à jour le
Selon la MACSF, les chirurgiens-dentistes ont fait 2 096 nouvelles déclarations en 2025, pour 31 767 contrats (sociétaires MACSF et contrat groupe Les Chirurgiens-Dentistes de France). Le taux global de sinistralité se situe aux environs de 6,6 %.
La MACSF place la chirurgie dentaire en tête des professions médicales mises en cause. Pour comparaison, en 2024 : 6,03 % chez les chirurgiens-dentistes, 1,01 % chez les médecins, 0,27 % chez les masseurs-kinésithérapeutes, 0,19 % chez les sages-femmes.
Autrement dit, environ six déclarations pour cent praticiens, chaque année.
Que mesure exactement ce taux ?
La MACSF le définit comme la fréquence des déclarations de sinistres, en dommages corporels, pour 100 sociétaires.
Une déclaration n'est pas une condamnation. C'est un dossier ouvert chez l'assureur, qui peut se clore sans suite, par un accord ou par une décision.
Ces chiffres décrivent les assurés de la MACSF (et, en 2025, du contrat groupe Les Chirurgiens-Dentistes de France). Ils ne portent pas sur l'ensemble de la profession.
Le taux est-il en baisse ?
Non. Après une légère baisse en 2024 (6,03 %, contre 6,48 % en 2023), la MACSF écrit que la sinistralité repart à la hausse en 2025, aux environs de 6,6 %.
Une année ne fait pas une tendance. Mais sur trois ans, le taux reste au-dessus de six déclarations pour cent assurés.
Sur quoi porte le risque, au-delà du geste ?
Le panorama ne s'arrête pas à la technique. Parmi les principaux éléments de prévention du risque médical, la MACSF cite la qualité de l'information du patient, la traçabilité des soins et la rigueur diagnostique.
Deux de ces trois éléments ne se jouent pas au fauteuil. Ils se jouent dans le dossier : ce qui a été expliqué, et ce qu'il en reste.
Le grief d'information a une particularité. Il ne demande pas de démontrer une faute technique. La question posée est simple : qu'avez-vous à produire ?
Que devient une réclamation ?
Les chiffres qui suivent portent sur l'ensemble des professionnels de santé assurés par la MACSF, et non sur les seuls chirurgiens-dentistes.
Les patients privilégient les commissions de conciliation et d'indemnisation (CCI). La MACSF décrit cette procédure comme amiable, gratuite et plus rapide. En 2024, elle recense 406 avis rendus, contre 424 en 2023. En 2023, 21 % des professionnels mis en cause en CCI ont été considérés comme fautifs.
Devant les juridictions civiles, 75 % des décisions de 2024 condamnent le professionnel mis en cause. Selon la MACSF, ce taux était de 59 % dix ans plus tôt.
Un règlement amiable met-il fin au risque ?
Il met fin au dossier. Mais un règlement amiable reste un règlement : il mobilise votre temps, celui de votre assureur, et il peut se conclure par une indemnisation.
Il est simplement moins visible qu'une audience. Et il se discute, lui aussi, sur ce que contient le dossier.
Qu'est-ce que cela signifie pour votre cabinet ?
Six déclarations pour cent praticiens chaque année : sur une carrière, un dossier n'a rien d'exceptionnel. La question utile n'est pas de savoir si cela arrivera, mais ce que vous aurez à produire ce jour-là.
Un dossier ouvert des années après le soin repose sur ce qui a été écrit à l'époque. Votre mémoire de la consultation, elle, ne se produit pas.
Ce qui peut être produit, et comment le constituer au quotidien, est détaillé dans le guide sur la preuve de l'information.
Les fiches d’acte concernées
Pour aller plus loin
Sources
- MACSF, « Chirurgiens-dentistes : les motifs de réclamations des patients en 2025 »
- MACSF, « Le risque des professionnels de santé en 2024 »
- MACSF, « Panorama sur le risque des professionnels de santé en 2024 : mieux prévenir pour mieux protéger »
Ce guide présente l’état du droit à titre d’information générale. Il ne constitue pas une consultation juridique et ne se substitue pas à l’avis d’un conseil ou de votre assureur en responsabilité civile professionnelle.